Boîte à pain - finieRompre le pain est un signe universel de paix. Le mot copain provient d’ailleurs du latin “cum panis” qui signifie “partager le même pain”. Ci-dessus, le détail d'une peinture représentant la boîte en acier émaillé servant à conserver notre pain. Ci-dessous, c'est la peinture alors qu'elle était en cours de réalisation, en juillet 2010.

Boîte à pain - le débutCi-dessus, l'imprimé de la nappe n'est pas encore achevé, ni la dentelle : je n'en suis qu'aux premières touches de couleurs. J'ai marqué les plis de cette nappe, non en les ombrant, mais en coupant les motifs (c'est une cotonnade légère, au tombé mou). Maintenant, voyons le modèle (en-dessous). C'est une composition simple, constituée du drapé de la nappe à fleurs que nous venons de voir, avec sa bordure de dentelle, de la boîte à pain évidemment et pour finir, d'un vase contenant trois roses de couleurs différentes.

Boîte à pain - modèlePour adoucir le design élégant, mais froid, de notre cuisine à Bordeaux, cette boîte à pain trônait sur la grande table ronde. Je l'avais en partie choisie pour ce charme des objets d'autrefois qu'elle affiche en toute simplicité. La nappe et les rideaux coordonnés (visibles derrière-moi, ci-dessous) faisaient le lien entre la totale blancheur des murs, la laque bordeaux foncé mat du mobilier et le verre amande des vitres du plan de travail et celles de la crédence.

boite à pain - rideauxUne belle hauteur sous-plafond (lui-même orné d'une grande rosace d'époque) rassemblaient les murs blancs auxquels ne manquaient qu'une jolie peinture d'un format plutôt vertical. J'avais donc retenue une toile d'un mètre de haut sur 60cm de large. Le grenier était aménagé en un grand atelier bien pratique et la composition qui me servait de modèle était facilement transportable.

Boîte à pain - dim 19 sept 2010Pour pouvoir travailler en prenant mon temps, j'ai trouvé plus confortable de choisir des roses en soie (assez réalistes). Le problème des fleurs qui fânent trop vite, je l'avais connu en d'autres temps ...

Boîte à pain - septembre 2010 bisInvolontairement mais avec bonheur, j'ai donné beaucoup de facture à la rose du milieu, simplement parce que j'ai du m'y reprendre à plusieurs reprises, revenant poser de mombreuses touches de couleurs les unes par dessus les autres. Pour les deux autres, réussies bien plus rapidement, je n'ai pas eu la même peine. Il en résulte un fait invisible sur la photo ci-dessus (qui est un fort agrandissement d'un détail de ma peinture et a perdu de ce fait énormément de définition) : la rose centrale a beaucoup plus de présence que les autres, non seulement par sa taille mais par sa facture (l'épaisseur de la pâte de couleur). Du coup, mon petit bouquet a une profondeur que je n'aurais pas osé espérer.

Boîte à pain - dentelleRéussir la bordure en dentelle exigeait de la concentration et de la précision. Mais peindre ce détail, en évidant la couleur, m'a donné une satisfaction presqu'aussi grande que si j'avais moi-même brodé ce ruban. Une fois cette partie terminée, j'avoue que je ne me suis pas lassée de l'observer pendant un bon moment ... :). Ici aussi, je regrette beaucoup que ma photo soit floue !

Boîte à pain - poignéeL'aspect vintage de notre boîte à pain est très marqué par une authentique ferronnerie en bronze (poignée et fermoir). Je l'ai reproduit avec plaisir et minutie (ci-dessus) et ... un peu-beaucoup d'appréhension préalable. Finalement -et en dépit de l'omission de quelques éclats de lumière, que je regrette-  l'illusion du métal fut quasi-parfaite (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai oublié ces quelques glacis de brillance).

boîte à pain - à BordeauxLa photo du dessus et celle du dessous montrent une réflexion de la peinture achevée, dans la porte miroir d'un de nos fours (c'est pourquoi l'image est inversée). Nos fours étant alors de marque Ariston, nom gravé dans le miroir de la porte, on comprend pourquoi cette "étiquette" apparaît sur ma peinture.

boîte à pain - refletCi-dessous, la peinture encadrée par les soins de Chris, in situ. Je n'ai pas encore parlé de la boîte à pain elle-même. C'est pourtant le sujet central de l'oeuvre, les ajouts floraux (nappe imprimée et vase) ne servant que de faire-valoir à la blancheur de son arrondi. Parlons, justement, de cette blancheur. Sur le pourtour de la boîte, ce que notre regard identifie comme du "blanc" est en réalité rose à main gauche et bleu à main droite. Le tout est lié par le légers aplats mauves. Mais il s'agit bien de notre boîte blanche. J'ai préféré marquer de cette façon les effets de lumière, plutôt que d'ombrer en grisant. Par ailleurs, à l'évidence la boîte peinte est d'une taille nettement plus grande que le modèle réel. Je me suis interrogée assez longtemps sur cette question de la taille, avant de me mettre à l'ouvrage. J'ai finalement retenu le principe de l'agrandissement , pour un côté délibéré plutôt que jumeau ou timide : c'est "carrément" la boîte à pain !

boîte à pain - partielJ'ai beaucoup aimé notre cuisine de Bordeaux. Ultra-moderne, elle ne manquait que d'un peu de poésie. Cette peinture en apportait, avec douceur mais sans mièvrerie. Elle avait un certain éclat, une présence. Elle dégageait un charme serein empreint de fraîcheur et de nostalgie. J'y ai retrouvé ce que j'avais voulu y mettre. Sauf qu'à mes yeux, la présence de cette toile ne se justifiait qu'en ce lieu précis, pour lequel je l'avais  créée. Aussi quand nous avons déménagé, je m'en suis défaite. Quelqu'un l'a achetée et la "Boîte à Pain" continue, je l'espère, à rayonner de sa douce présence, fraîche et sereine, quelque part ... (la photo ci-dessous avait été prise un soir, sous la lumière électrique).

Boîte à pain - septembre 2010