Toulouse - St-Aubin déc 2017Un jardin tel celui de "La Belle et la Bête", perdu hors du temps et de la ville, en friche - comme à l'abandon - et pourtant toujours luxuriant en ce début d'hiver.

Toulouse 13 - by LucieUn jardin sauvage, avec un passé et des échos de rires depuis longtemps enfuis. Une odeur végétale d'humus et de jasmin. De nombreux palmiers.

 

Toulouse 12 - by LucieUn jardin privé qui n'a été qu'à nous pendant quelques jours. C'est là que j'ai passé ce Noël 2017 avec ma fille, ma tante, ma soeur et ses enfants.

P1240065Une grande table. Mais plus loin une petite table. Et même un salon de fortune, à l'abri d'une verrière.

P1240062Un jardin bio - il y avait même un composteur - parfait pour les chats de Lucie : George et Caillou. Le premier jour, ma fille avait laissé les chats chez elle, à quelques rues de là, dans l'intention de passer les nourrir, les soigner et les choyer une ou deux fois par jour.

 

Toulouse 4 - by LucieMais dès le lendemain ils nous manquaient et nous sommes allés les chercher. Grâce à eux, Danielle (ma tante) Cloc (ma soeur), Géraldine (ma nièce) et Ludo (mon neveu) ont appris le mot "enchatté", qui appartient au vocabulaire d'invention familiale (en l'occurence très utilement inventé par Chris) et signifie "avoir un chat sur soi". Les squatteurs de canapé sont les premiers enchattés, comme on peut s'en douter. Comme il y avait deux grands canapés, les chats ronronnaient porfés-porfeux-porf !

Toulouse - St-Aubin 2Pour ma part, je suis tellement déshabituée de disposer d'un salon que c'est dans la cuisine que je me suis le plus souvent tenue. Non que nous n'ayons pas de salon à la maison, mais il reste à aménager, donc inutilisable pour l'instant. Une grande table en bois, c'est bien pour discuter, ne rien faire sauf un café quand la bouilloire est à proximité.

Toulouse - St-Aubin 5Là dessous, la chambre où nous avons dormi ma fille et moi. En fait de chambre c'était plutôt une sorte de véranda donnant sur le jardin, très agréable. Confortable, le lit était aussi très grand. J'y ai très bien dormi mais hélas trop peu. Cloc et ses enfants ont un rythme de vie très différent du mien et de celui de Lucie. Ma fille a toujours été une grosse dormeuse, se couchant assez tôt et se levant assez tard.

 

Toulouse 10 - by LucieQuant à moi, dormir de quatre heures du  matin à midi me convient mieux que tout. Dans une vieille maison charmante mais non insonorisée, ce décalage a un peu posé problème. Vu le contexte de grasse matinée impossible, Lucie et moi avons préféré dormir chez elle le dernier soir, histoire que je ne rentre pas trop fatiguée en Angleterre. De toutes façons, je n'aime pas les départs. C'était aussi ma façon de devancer et d'abréger ce moment.

Toulouse - St-Aubin 3L'habitat détermine le mode de vie. Le mode de vie dicte un rythme de vie. Quatre jours en vase clos font affleurer des différences mais aussi des ressemblances. N'attribuons pas trop vite une valeur négative aux différences ni une valeur positive aux ressemblances, car parfois ça s'avère être exactement le contraire. Tout au long de notre séjour, le jardin a été une ressource vivifiante. Peut-être grâce à sa fraîcheur piquante ?

 

Toulouse 9 - by LucieLes différences apparaissent dès l'enfance : lien à la mère, position dans la fratrie, adéquation aux attentes de l'un ou l'autre des parents, perpétuation ou ponctuation d'un schéma familial, il y a tant de raisons possibles à cela ...

 

Toulouse 12 bis - by LuciePourquoi les uns se ferment quand les autres s'ouvrent, ou se taisent quand les autres s'expriment ? Pourquoi les uns se cachent et les autres s'exposent ?

 

Toulouse 5 - by LuciePourquoi subir la vie au jour le jour ou pourquoi plutôt déployer une stratégie individuelle à moyen ou long terme ? Pourquoi les divergences de goûts et de centres d'intérêts ? Comment s'explique le clivage entre un destin et un autre, les différences de trajectoires, les différences d'attitudes ? Entre ma soeur et moi, entre ma fille et mon fils,  mon neveu et ma nièce ...

P1240067Simple question d'intelligence, me dit Chris. Moi, j'entrevois aussi autre chose : l'instinct qui nous fait conduire notre vie ou nous laisser conduire.

 

Toulouse 8 - by LucieInstinct, ange gardien, qu'on le nomme comme on veut : ce qui relève de l'élan de vie. Cet élan, cette force, ou son défaut, son manque, qui s'appuie sur la pensée, la distanciation, l'observation impartiale, la formulation, l'analyse, la décision. Intelligence, oui, mais pas seulement. Choix, actions, à partir d'elle.

P1240058Conduire une réflexion dépassionnée dans la douceur de ce jardin n'était pas sans attrait (intellectuel, affectif, émotif, sensuel). C'est dans ce séjour verdoyant que réside la compréhension mais aussi que subsiste l'incompréhension : ce sont là les deux pôles de l'intelligence humaine ... avec des zones intermédiaires plus ou moins floutées par l'affect.

P1240059La cabane haut perchée, comme une invitation à prendre de l'altitude ... Je sais depuis très longtemps que je serai incapable de vivre dans un lieu sans "sortie" : jardin, terrasse, cour ou au minimum simple balcon ou loggia. En fait, je n'ai JAMAIS vécu dans un appartement sans balcon ni dans une maison sans cour végétalisée ou jardin. Question d'équilibre de base, vital, pour moi. Je ne supporte pas l'enfermement.

P1240069Se retrouver en famille, c'est bien. Mais c'est aussi aborder un monde souterrain. C'est encore achopper sur les écueils du censé su, du censuré, du mal perçu, de l'incompris. Mon neveu au cours d'un repas a dit que "certains partent mieux armés que les autres dans la vie". Il était question du doctorat de Lucie et ma tante venait de prononcer "la vie, c'est un combat".

 

Toulouse 14 - George ou Geoginette by LucieLudovic s'exprime si peu que, d'entendre ça, j'ai voulu enrayer le prédéterminisme qu'enregistraient ses mots. J'ai démenti en biaisant, en disant que la vie n'est pas à prendre comme un combat. Il est vrai qu'à un certain stade elle ne l'est plus. Mais parvenir à ce stade résulte d'un objectif formulé, de choix pertinents et de décisions appropriées, en cela c'est bel et bien un parcours du combattant. Parcours pour lequel il existe évidemment un entraînement depuis l'enfance.

 

Toulouse 7 - by Lucie

 

Le temps me manquait pour entrer dans ce sujet avec Ludo. Et certainement, aussi, sa réceptivité. Mais plus encore ma "simple" qualité de tante - qui ne voulait pas interférer avec le ressenti de sa mère.

Toulouse - St-Aubin 7Lucie qui dans la partie "remerciements" de sa thèse mentionne les choix et leurs possibilités autant que les ressources mobilisables en chacun de nous,  aurait pu -de ce fait- répondre à son cousin. Elle s'est abstenue, sans doute à peu près pour les mêmes raisons que moi. Dont une probablement encore plus forte que pour moi-même, qui est une raison générationnelle : il incombait à l'un des deux parents de Ludo de lui répondre, pas à un tiers (fut-ce une personne de la famille). Ludo abordait là les enjeux-mêmes de l'éducation, en présence de sa mère.

P1240056Petite phase de dépression prévisible -et prévue- pour Lucie. On décompresse et le niveau d'énergie retombe ... Se poser dans le jardin, écouter le cri d'un oiseau, regarder le chat passer, c'est reprendre son souffle. Quant à moi, comment n'aurais-je pas le coeur un peu (beaucoup) serré en pensant au départ prochain de ma fille ? Aussi, pouvoir nous isoler et retrouver nos convergences, évoquer ses appréhensions et nos désapprobations, conclure - ce qu'a permis ce jardin - était-il bienvenu.

P1240068Enfin, les "Cat Lovers" que nous sommes ont réellement apprécié ce jardin permettant la présence des chats. La campagne en pleine ville. Caillou, tigré, autant que George avec sa robe noire tachetée d'abricot, se confondaient avec bonheur dans leur nouvel environnement. Le silence des chats est naturel. Celui des humains ne l'est pas (la Parole est le propre de l'être humain ...).

 

Toulouse 15 - George et Caillou - by LucieLucie et moi avons souvent pris seules de grandes bolées d'air et de mots. Mais nous avons eu aussi le plaisir d'échanger quelquefois avec Géraldine qui ouvre assez facilement le dialogue (et même le trilogue). Au sein d'une même famille, on se connaît finalement assez peu, entre autre à cause de la dispersion géographique.

 

Toulouse 2Verbaliser, conceptualiser, c'est le début de toute démarche volontaire, c'est "se dire que". Notre pensée humaine s'appuie sur des mots, elle prend forme avec les mots dès lors que ces mots sont réellement les notres (et pas empruntés à d'autres, reflets de la pensée d'autrui).

P1240055Que fait Caillou sur la photo ? ça se voit bien, non ? ... Jusqu'au jour du départ, le beau temps était au rendez-vous. Un bel anticyclone. Vif mais pas trop cinglant. Un ciel bleu pratiquement tout le temps, comme le montre la photo qui suit. Et des arbres autour de nous. Seules la plupart du temps puisque le reste de la famille, ne fumant pas, se gardait au chaud à l'intérieur. Mais même sans e-cloper, j'aurais bravé le froid pour être au milieu de cet îlot de verdure ...

P1240060Cette trouée bleue dans le tissu végétal : parfaite pour respirer ! Merci de m'avoir accompagnée dans cette promenade et dans mes pensées.

P1240061En dehors de cela, mon séjour à Toulouse fut l'occasion de faire du shopping, tour à tour avec ma fille et sans ma fille ... Et de vérifier que les trottoirs de France sont toujours aussi bien dégueu.. que les vitrines sont vraiment belles à admirer ; que les marchands de tabac, carotte rouge à l'appui, ne vendent que du tabac.

 

Toulouse 11 - by LucieBref, tous ces plaisirs urbains bien français - si ordinaires pour vous, comme ils l'étaient autrefois pour moi - ravissent l'expatriée de retour, que je viens d'être. Mon sac de voyage s'est donc alourdi de deux pantalons, une robe, deux pulls, deux sweat et une paire de Puma. C'est la ville et la France qui voulaient ça, tentatrices. Ce supplément logeait-il dans mon sac ? Bien sûr que non ! Lucie m'expédiera un carton par la Poste.

P1240063Nouvelles de dernière minute : Caillou et George devront voyager vers l'Angleterre pour un séjour de deux ans à la maison car Lucie n'a trouvé personne pour les garder en France. Or, elle ne peut pas les emmener avec elle aux Etats-Unis. Et dire que j'avais été triste de les quitter, eux aussi ...

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" La Vie secrète des arbres ", best-seller et leçon de bonheur

Sorte de conte naturaliste, le livre de Peter Wohlleben nous invite à partager " le bonheur " de la fréquentation des forêts. Le voici traduit en français. Epatante leçon de vivre-ensemble que nous propose ici Peter Wohlleben.

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Epatante leçon de vivre-ensemble que nous propose ici Peter Wohlleben. Véritable best-seller en Allemagne avec plus de 650 000 exemplaires vendus, son livre vient enfin d’être traduit en français, après l’avoir déjà été dans une trentaine de langues. Le narrateur – car c’est d’une sorte de conte naturaliste qu’il s’agit – nous invite, avec des mots simples mais avec la rigueur scientifique de son métier de forestier, à partager « le bonheur » de la fréquentation des forêts, source vivifiante de réflexion non seulement sur la place de la nature, mais aussi sur les sociétés humaines. Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s’organise la société des arbres. Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir.

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